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Mis à jour le
30/4/2026

Radiations d’entreprises T1 2026 : le constat d’Infogreffe

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Les chiffres publiés par Infogreffe dressent un constat contrasté du tissu entrepreneurial français au premier trimestre 2026. Les créations repartent, le nombre d’entreprises actives continue d’augmenter et le solde reste positif. Pourtant, cette dynamique ne suffit pas à atténuer les déséquilibres.

Les radiations restent élevées, les procédures collectives progressent et plusieurs signaux de fragilité continuent de se multiplier.

Ces indicateurs vont bien au-delà d’une simple photographie de l’entrepreneuriat. Ils vous donnent une lecture plus directe de l’évolution du risque client, de la solidité de votre portefeuille et des effets que ces fragilités peuvent avoir sur votre trésorerie.

Voici ce que les chiffres d’Infogreffe révèlent réellement au T1 2026.

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166 634 radiations : un niveau qui reste élevé

Entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, 177 707 entreprises ont été immatriculées en France, soit une hausse de 10 % sur un an. Le nombre d’entreprises actives au registre du commerce et des sociétés atteint désormais 7,38 millions. Sur le papier, le solde reste donc positif.

Néanmoins, sur la même période, 166 634 entreprises ont été radiées, soit 3,4 % de plus qu’au premier trimestre 2025. Le volume ralentit légèrement par rapport à la fin de l’année dernière, mais il reste élevé et confirme que les sorties du marché continuent de peser sur l’équilibre global. Le tissu entrepreneurial continue de croître, mais sur une base plus fragile qu’il n’y paraît.

Infogreffe - Statistiques de l’entrepreneuriat au T1 2026
Source : Infogreffe et Conseil National des Greffiers des Tribunaux de Commerce (CNGTC)

Où se concentrent les radiations d’entreprise ?

Cette fragilité se retrouve aussi dans la répartition des radiations. Les régions qui concentrent le plus de créations restent aussi celles où les sorties sont les plus nombreuses :

  • Île-de-France : 49 347 radiations (-2,2 % sur un an)
  • Auvergne-Rhône-Alpes : 23 842 radiations (+15,5 %)
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur : 18 982 radiations (+14,6 %)

Infogreffe constate un net recul des radiations en Bourgogne-Franche-Comté (-17,2 %) et dans les territoires d’outre-mer (-50,81 %).

Les radiations restent également concentrées dans quelques secteurs. Le commerce et la réparation automobile restent les plus touchés avec 38 423 radiations au trimestre, devant les transports et l’entreposage (30 428) et les activités immobilières (16 907).

Certaines activités affichent aussi une dégradation plus marquée. Les radiations progressent de 34 % dans l’information-communication et de 29,4 % dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, deux segments qui restent parmi les plus actifs en créations sur la période.

Des radiations de plus en plus liées à des défaillances

La structure des radiations mérite, elle aussi, d’être regardée de près.

Au premier trimestre 2026, 37 480 radiations font suite à une procédure collective, soit une hausse de 18,1 % sur un an. Quant aux radiations d’office, elles reculent de 5,9 % (21 916) et les radiations volontaires de 5,7 % (74 809).

Les radiations d’office désignent des sorties du registre décidées par l’administration ou le greffe, généralement lorsqu’une entreprise ne respecte plus certaines obligations (absence d’activité déclarée, défaut de mise à jour, non-dépôt de documents…).

Les radiations volontaires interviennent lorsqu’une entreprise déclare elle-même sa cessation d’activité, par exemple lorsqu’un·e dirigeant·e décide de fermer ou dissoudre sa structure.

Ce déplacement est loin d’être anodin. Il montre que les sorties “naturelles” ralentissent, tandis que les cessations liées à une défaillance progressent. Cela signifie que les entreprises qui quittent le marché le font moins souvent par choix ou pour des raisons administratives, et davantage sous contrainte.

Ce basculement change la lecture des radiations. Il ne s’agit plus seulement d’un renouvellement du tissu économique, porté par des créations et des fermetures habituelles. La progression des sorties après procédure collective signale une dégradation plus nette de la situation financière d’une partie des entreprises.

Pour vous, cette évolution a des conséquences directes. Un client qui disparaît à la suite d’une procédure collective ne sort pas seulement du marché : elle il laisse plus souvent derrière elle des factures impayées, des encours gelés et un recouvrement devenu plus incertain.

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Redressements, privilèges : les tensions se confirment

Les radiations donnent une photographie de la sortie. Pour réellement évaluer le risque, il faut regarder ce qui se passe en amont.

Au premier trimestre 2026, Infogreffe recense 17 679 procédures collectives, soit une hausse de 5,5 % sur un an.

Le point le plus marquant concerne les redressements judiciaires. Leur nombre progresse de 27,6 % sur un an, avec 4 755 ouvertures sur le trimestre. Ce mouvement mérite d’être suivi de près : il traduit une hausse des entreprises qui tentent encore de se maintenir, mais dont la situation s’est déjà nettement dégradée.

Les injonctions de payer suivent une trajectoire différente. Infogreffe en recense 36 853 au premier trimestre 2026, soit une baisse de 14 % par rapport au T1 2025.

Ce recul doit toutefois être lu avec prudence. Il ne traduit pas nécessairement une baisse des impayés, mais peut aussi refléter un report vers d’autres voies de recouvrement ou un décalage dans le traitement judiciaire des créances.

Les tensions apparaissent aussi dans les inscriptions de privilèges, souvent révélatrices de difficultés de trésorerie déjà installées :

  • 1 881 privilèges du Trésor au T1 2026, en hausse de 32,9 % ;
  • 3 682 privilèges de la Sécurité sociale, en hausse de 28,5 %.

Les privilèges du Trésor sont des inscriptions prises au greffe par l’administration fiscale lorsqu’une entreprise ne règle plus certaines dettes fiscales (TVA, impôt sur les sociétés, CFE…).

Les privilèges de la Sécurité sociale correspondent à des inscriptions prises au greffe liées à des impayés de cotisations sociales (URSSAF, charges patronales…).

Dans les deux cas, il s’agit d’un signal précoce de tension de trésorerie : l’entreprise commence à ne plus honorer certaines charges essentielles.

Leur lecture mérite d’être nuancée. Les inscriptions progressent, mais les montants moyens reculent : -13,7 % pour les privilèges du Trésor et -24,2 % pour ceux de la Sécurité sociale.

Ce décalage montre que les tensions ne se concentrent pas uniquement sur quelques entreprises très exposées. Elles se diffusent plus largement, y compris sur des montants plus faibles, auprès d’un plus grand nombre d’acteurs.

Le risque de fragilité ne se limite donc plus aux situations les plus visibles. Il s’étend aussi à des entreprises qui restent actives, mais dont les premiers signes de fragilité sont déjà présents.

Ce que ces chiffres changent pour votre poste clients

Les données d’Infogreffe montrent qu’un client peut continuer à commander, rester actif en apparence et voir pourtant sa situation financière commencer à se détériorer. La dégradation n’apparaît pas toujours au moment où le paiement cesse. Elle se manifeste souvent plus tôt, par des retards plus fréquents, des arbitrages de trésorerie ou des tensions déjà visibles sur d’autres paiements, comme les charges fiscales ou sociales.

Pour vous, cela implique de surveiller plus finement certains signaux :

  • l’évolution des délais de paiement ;
  • la répétition des retards ;
  • la multiplication des litiges ;
  • la dégradation du comportement de règlement ;
  • l’exposition de certains encours.

Le risque ne se limite donc plus aux impayés déclarés. Il se forme souvent plus tôt, alors que le client est encore en activité et que la relation commerciale continue.

Pourquoi le pilotage du risque client devient un enjeu de trésorerie

Dans ce type de configuration, vous devez aussi repérer les signaux qui annoncent une dégradation, avant qu’elle ne se traduise par un impayé ou un contentieux.

Un logiciel de gestion du risque client comme LeanPay peut justement vous aider à agir plus tôt.

En connectant votre assurance-crédit (Coface, Allianz Trade) et votre fournisseur d’informations financières (Altares, Creditsafe, Ellisphere, Infolegale), vous pouvez retrouver en temps réel le scoring et les limites de crédit.

Limite de crédit et score client Creditsafe dans LeanPay

De plus, vous êtes immédiatement alerté :

  • lorsqu’un client dépasse un seuil d’encours ;
  • lorsqu’il entre en procédure collective.

Ces informations, couplées à vos données clients sur le reporting de recouvrement, vous offrent une vision claire de votre poste clients. Cela vous aide à prioriser les actions à mener, notamment en matière de relances clients, qui sont personnalisables en fonction de vos propres critères (taille d’entreprise, niveau de risque, clients saisonniers…).

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Avec LeanPay, vous pouvez également gérer collaborativement les litiges, de leur catégorisation jusqu’à leur résolution. Cela vous permet de réagir plus rapidement pour limiter l’impact des risques clients. Par ailleurs, la constitution d’un dossier contentieux se fait en quelques clics directement depuis l’interface, afin de maximiser vos chances de recouvrement.

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Rédigé par :
Sarah Lalsingue

Rédactrice principale du blog LeanPay, Sarah Lalsingue met son expertise en écriture au service des directions financières des PME, ETI et groupes.

Elle s’attache à rendre clairs et accessibles les sujets de trésorerie, de recouvrement et de gestion du poste client pour aider les DAF et credit managers à mieux piloter leur cash au quotidien.

Ses articles participent à renforcer la culture cash au sein des directions financières et à valoriser les bonnes pratiques de recouvrement.

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