Altares a publié sa dernière étude sur les défaillances d'entreprises au deuxième trimestre 2026, et le couperet tombe : hausse de 5,4 % sur un an. Un niveau qui confirme une tendance de fond.
Mais au-delà du chiffre global, un déséquilibre se creuse trimestre après trimestre dans la nature des procédures ouvertes, avec une conséquence directe sur la façon de lire le risque dans votre portefeuille clients.
Cet article décrypte les enseignements de l'étude Altares et ce qu'ils impliquent concrètement pour votre gestion du risque client.
Je trouve ce logiciel de recouvrement très fonctionnel, très bon suivi des relances à effectuer, tableau de bord clair et précis. Le service client est réactif.
Stéphanie H. - Chargée de recouvrement
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Un niveau de défaillances toujours aussi élevé
Le deuxième trimestre 2026 se solde par 17 486 défaillances d'entreprises, ce qui correspond à une hausse de près de 40 % par rapport aux seuils observés avant la crise sanitaire. Depuis le début de l'année, 37 700 entreprises ont fait défaut, soit 1 500 de plus que sur la même période en 2025.
Sur douze mois glissants, le compteur atteint 71 600 défaillances à fin juin 2026, un record historique qui dépasse les précédents points hauts observés ces vingt dernières années :
- 63 917 en janvier 2010, dans le sillage de la crise des subprimes ;
- 64 498 défaillances en février 2014, conséquences potentielles de la crise des dettes souveraines ;
- 28 179 en octobre 2021, point bas atteint en sortie de crise sanitaire.

Thierry Millon, Directeur des études chez Altares, anticipe 34 000 à 35 000 nouvelles procédures collectives au second semestre 2026. Il ajoute que “les prévisions de croissance s’orientent désormais sur un taux de +0,7 %, un scénario incompatible avec un reflux des défaillances d’entreprises”.
Seule nuance positive : l'impact social se contient. Le nombre d'emplois menacés recule de 9,5 % sur un an et passe à 58 830 (contre 65 000 au T2 2025).
Les profils à surveiller en priorité
L'étude Altares dessine une cartographie précise des profils les plus fragiles, utile pour ajuster votre propre grille de lecture du risque client.
Les très petites structures concentrent l'essentiel du risque
Les entreprises de moins de 3 salariés représentent 75 % des procédures collectives, avec 13 185 défaillances au T2 2026 (contre 12 173 au T2 2025), soit une hausse de 8,3 % sur un an. Cette catégorie illustre la persistance des tensions de trésorerie qui frappent en premier les structures les plus fragiles.
À l'inverse, les tranches intermédiaires résistent mieux :
- Les entreprises de 3 à 19 salariés reculent de 3,3 %, à 3 769 défaillances (contre 3 896 au T2 2025) ;
- Les structures de 20 salariés et plus progressent de 2,9 % (532 procédures enregistrées au T2 2026 contre 517 au T2 2025), mais avec un signal encourageant : leurs liquidations directes reculent de 12,2 %, tandis que les sauvegardes bondissent de 27,5 %.

Les jeunes entreprises, un point d'attention à l'entrée en relation
Parmi les tranches d'âge, les structures de moins de 3 ans affichent la plus forte progression de défaillances, à +12,7 % sur un an, pour atteindre 2 248 procédures (contre 1 994 au T2 2025). Plus de 77 % de ces procédures se soldent par une liquidation judiciaire directe.
À noter que 93 % de ces jeunes entreprises défaillantes ne sont pas des micro-entreprises, mais des sociétés commerciales, en particulier dans les secteurs de :
- la vente ;
- la restauration ;
- la réparation automobile.
L’étude mentionne également que le second œuvre du bâtiment est concerné, malgré la diminution des défaillances dans ce secteur.
Des disparités sectorielles et géographiques marquées
Au-delà des chiffres nationaux, l'étude Altares confirme que le risque de défaillance ne se répartit pas uniformément sur le territoire ni entre secteurs d'activité.
Des secteurs qui se dégradent plus vite que la moyenne
Deux grands secteurs se distinguent par une dégradation généralisée, touchant la quasi-totalité de leurs activités :
- Les services aux consommateurs progressent de 15,7 % (811 défaillances), une hausse qui touche presque toutes les activités du secteur, de la coiffure (+14,3 %) à l'entretien corporel (+73 %) ;
- Les services aux entreprises bondissent de 13,9 % (2 562 défaillances), portés à la fois par les activités intellectuelles (+19,6 % pour le conseil en communication et gestion) et les fonctions de support (+22 % pour la sécurité).
L'agriculture enregistre aussi une forte hausse de 21 % (444 défaillances) sur un an, mais plus concentrée : elle est essentiellement portée par les cultures (+28 %, notamment les céréales à +43 % et les vignes à +16 %), tandis que l'élevage résiste mieux (+12 %).
À l'inverse, plusieurs grands secteurs affichent une relative stabilité :
- la construction (-0,8 %) ;
- l'industrie (-0,5 %) ;
- l'information et la communication (-0,5 %).
Une carte de France très contrastée
Trois grandes régions concentrent les tensions les plus fortes :
- L'Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième pôle économique du pays, voit ses défaillances grimper de 22,9 % (2 418 défaillances), portées notamment par le Rhône et l'Isère ;
- Les Hauts-de-France progressent de 8,5 % (1 247 défaillances), dégradation portée par le Nord, le Pas-de-Calais et l'Aisne ;
- L'Occitanie enregistre une hausse de 6,8 % (1 533 défaillances), tirée par l'Hérault.

Hormis Mayotte, qui ne comptabilise que 7 défaillances, l’outre-mer n’est pas épargné par cette hausse :
- +40,2 % en Guadeloupe, avec 136 défaillances ;
- +32 % à La Réunion, avec 330 défaillances ;
- +17,4 % en Martinique, avec 135 défaillances ;
- +13,7 % en Guyane, avec 58 défaillances.
Le rapport de force entre redressements et liquidations s'inverse
Sous la hausse globale des défaillances se cache une évolution structurelle dans la nature même des procédures ouvertes.
Les redressements judiciaires progressent plus vite que les liquidations
Au T2 2026, les redressements judiciaires bondissent de 7,1 % (5 546), quand les liquidations judiciaires directes progressent de 4,8 % (11 591). Ce déséquilibre n'est pas ponctuel : il confirme une tendance déjà observée au T1 2026, où les redressements avaient progressé de 13,6 %, contre seulement 3,6 % pour les liquidations directes.
La part des redressements judiciaires dans l'ensemble des procédures ne cesse de grimper :
- 23,7 % au T2 2022 ;
- 31,2 % au T2 2025 ;
- 31,7 % au T2 2026.
À l'inverse, la part des liquidations directes recule progressivement, de 73,4 % en 2022 à 66,3 % aujourd'hui.

Ce que ça signifie pour votre portefeuille clients
Un redressement judiciaire n'est pas une fin en soi. Cette procédure ouvre une période d'observation pouvant durer jusqu'à 18 mois, pendant laquelle l'entreprise tente de sauver son activité. Or, Altares observe qu’en moyenne 60 % des conversions en liquidation judiciaire interviennent l'année de l'ouverture du redressement, et 40 % l'année suivante, voire deux ans plus tard.
Une fois le risque avéré, protéger vos droits de créancier devient une priorité immédiate. Mais l'essentiel se joue surtout en amont, avant même l'ouverture d'une procédure :
- Repérer les signaux faibles en amont reste le meilleur levier de prévention : délais de paiement qui s'allongent, dégradation du scoring, incidents de paiement qui se multiplient, promesses de paiement non tenues... Ces signaux précèdent souvent de plusieurs mois l'ouverture d'une procédure collective. Une surveillance continue de la situation financière de vos clients permet d'ajuster vos conditions de paiement ou vos encours avant que le risque ne se matérialise ;
- Si un client est placé en redressement judiciaire, la déclaration de créance est un réflexe à ne pas manquer : elle doit être transmise au mandataire judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement au BODACC (4 mois pour les créanciers situés hors métropole). Ne pas la respecter peut faire perdre le droit d'être payé sur les dettes antérieures au jugement.
Comment sécuriser votre poste clients face au risque de défaillance ?
Le risque de défaillance progresse, mais il ne touche pas tous vos clients de la même façon, ni au même moment. Le détecter tôt, le suivre dans la durée et réagir vite quand il se matérialise : c'est précisément ce que permet notre logiciel de gestion du risque client LeanPay.
Suivre l'évolution du risque client en continu
LeanPay intègre directement les données des principaux fournisseurs d'informations financières (Altares, Creditsafe, Ellisphere, Infolegale) pour synchroniser automatiquement le scoring et la limite de crédit conseillé sur
- la liste client ;

- la fiche client ;

- l’onglet Analyse des fiches client.

Vous disposez ainsi d'une évaluation à jour de la solvabilité de vos clients, sans avoir à consulter manuellement plusieurs outils. De plus, vous êtes immédiatement alerté en cas de dépassement de seuil d’encours et de procédure collective pour l’un de vos clients.
Adapter vos relances selon le niveau de risque
Une fois le risque identifié, il faut pouvoir agir rapidement. LeanPay permet de créer des scénarios de relance différenciés selon le profil de chaque client :
- Des relances adaptées (ton, fréquence, canal) aux clients à risque élevé ;
- Une assignation automatique à un plan de relance dès qu'un client dépasse un seuil d'encours ou voit son score se dégrader ;
- Un suivi centralisé de l'ensemble du portefeuille, avec une vision claire des clients sous surveillance.
Garder une vision d'ensemble de votre poste clients
Le reporting de recouvrement centralise vos indicateurs clés en temps réel :
- balance âgée pour repérer les clients à risque selon leur tranche de retard ;

- encours client, avec le détail de sa composition ;

- DSO suivi mois par mois ;

- prévisionnel d’encaissement basé sur le délai moyen de paiement des trois derniers mois.

Une vision qui permet de repérer une dégradation globale des comportements de paiement dans votre portefeuille (hausse de la balance âgée, encours qui grimpe), en complément des indicateurs propres à chaque client.

Accélérer le passage en contentieux quand l'amiable ne suffit plus
Lorsque le risque de défaillance progresse, la rapidité de traitement d'un dossier impayé devient déterminante. LeanPay permet de constituer, en quelques clics, un dossier contentieux complet (factures, historique des échanges, informations légales du client) et de le transmettre directement à votre avocat, huissier ou partenaire de recouvrement.
Plus le contentieux est engagé tôt, plus les chances d'aboutir à un règlement de la dette sont élevées, notamment face à un client dont la situation financière se dégrade.
Les clients LeanPay constatent en moyenne une réduction de 40 % de leur DSO et un risque d'impayé ramené à moins de 1 %.
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