Les défaillances d'entreprises n’accélèrent plus, mais elles ne refluent pas non plus. Selon la dernière étude Altares, le nombre de procédures ouvertes au troisième trimestre 2026 ne progresse que de 0,5 % sur un an.
Sur douze mois glissants, près de 72 000 entreprises ont pourtant fait défaut. Ce compteur n'a pratiquement pas bougé depuis juin dernier, où il avait atteint son plus haut niveau depuis au moins quinze ans (71 981 défaillances).

Le rythme ralentit, mais le risque reste entier. Il se déplace vers certains profils de clients, secteurs et territoires. Voici où porter votre vigilance d'ici la fin de l'année.
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Stéphanie H. - Chargée de recouvrement
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La hausse des défaillances ralentit, pas leur niveau
Altares dénombre 14 652 défaillances entre juillet et septembre 2026. Ce coup de frein s'inscrit dans une décélération engagée depuis plusieurs années. En 2022 et 2023, les défaillances progressaient de 30 à 40 % sur un an à chaque trimestre. Le rythme est retombé à 15 % en 2024, puis autour de 4 % à partir de 2025. Aucun trimestre n'avait connu une hausse aussi faible depuis 2022.
Le niveau, lui, reste hors norme. Le volume annuel de défaillances dépasse de près de 30 % la moyenne des quinze dernières années (55 700).
Le trimestre s'est d'ailleurs achevé sur un pic : 7 100 procédures en septembre, un record mensuel. Depuis janvier, 52 700 entreprises ont fait défaut, et Altares en anticipe près de 19 000 supplémentaires au quatrième trimestre.
Deux indicateurs vont toutefois dans le bon sens :
- les liquidations judiciaires directes reculent de 1,2 % (9 744 jugements) ;
- les emplois menacés diminuent de près de 3 % (50 510 postes).
Cependant, les redressements judiciaires poursuivent leur progression (+4,2 %) et représentent 31,2 % des ouvertures, une tendance déjà observée au deuxième trimestre 2026.

Pour Thierry Millon, directeur des études d'Altares, l'heure n'est pas au relâchement :
« Le pic des défaillances est peut-être derrière mais pas celui de la fragilité financière des entreprises ; la route vers un véritable redressement de l’économie est encore longue ! »
Où se concentre le risque de défaillance ?
Derrière la quasi-stabilité du chiffre national, le risque se répartit de façon inégale selon la taille et l'âge des entreprises.
Les TPE et les jeunes entreprises en première ligne
Ce sont les très petites structures, de moins de trois salariés, qui portent l'essentiel de la hausse. Avec 10 960 procédures (+2,9 %), elles pèsent les trois quarts des défaillances. Cette progression tient surtout aux redressements judiciaires (+8,2 %), les liquidations directes n'augmentant que de 0,9 %.
Les entreprises de 10 à 49 salariés sont à l'inverse celles qui s'en sortent le mieux ce trimestre. Leurs liquidations directes reculent de 20 % pour celles de 10 à 19 salariés et de 18 % pour celles de 20 à 49 salariés.
L'âge reste l'autre facteur déterminant. Les sociétés de moins de six ans représentent 42 % des jugements. Les moins de 3 ans (2 148 procédures, +2,7 %) et les 3 à 5 ans (4 046, +3 %) voient progresser leurs liquidations directes, contrairement aux entreprises plus anciennes.
Pour vous, c'est le scénario le moins favorable : une liquidation directe laisse peu de chances de recouvrer votre créance. Chez les moins de 3 ans, 76,6 % des défaillances prennent cette forme, contre 57,9 % chez les entreprises de 16 ans et plus.

Les grandes entreprises : des défaillances rares mais lourdes
Le volume reste faible mais stable : 48 sociétés d'au moins 100 salariés ont basculé en procédure collective entre juillet et septembre, contre 47 un an plus tôt. Sur les 44 jours ouvrés de juillet et de septembre, Altares en recense 45 : en moyenne, une grande entreprise a donc fait défaut chaque jour ouvré.
Près de 40 % de ces défaillances correspondent à des entreprises franciliennes. Parmi ces grandes entreprises défaillantes, nous retrouvons surtout des acteurs de l'industrie et des services aux entreprises, majoritairement implantés depuis plus de quinze ans. Ces 48 dossiers représentent environ 10 000 emplois menacés, soit 20 % de l'ensemble.
Les procédures de sauvegarde méritent aussi votre attention : le nombre d'entreprises de plus de 100 salariés qui y ont recours a doublé en un an, pour atteindre une dizaine de dossiers cet été. L'ancienneté et la taille d'un client ne garantissent donc pas sa solidité.
Secteurs et territoires, une reprise à deux vitesses
Altares résume la tendance par une opposition : les activités B2B résistent, tandis que celles tournées vers les particuliers subissent le recul du pouvoir d'achat.
Les entreprises dépendantes de la consommation des particuliers décrochent
L'hôtellerie-restauration enregistre désormais la plus forte dégradation. La restauration atteint 1 694 défaillances (+9,6 %), avec une hausse marquée dans la restauration rapide (+15,8 %). L'hébergement accélère encore plus nettement (+31,5 %), porté par les hôtels (+28 %).
Le commerce et les services de proximité suivent la même pente :
- magasins multi-rayons : +18,5 % ;
- commerce alimentaire, boucherie en tête : +15,3 % ;
- vente hors magasin, dont les marchés : +11 % ;
- activités de réparation : +29 %.
Vous ne vendez pas aux particuliers ? Votre exposition n'est pas nulle pour autant. Un grossiste alimentaire, un fabricant d'équipements pour la restauration ou un prestataire au service des commerçants dépend indirectement de la consommation des ménages. Quand les clients de vos débiteurs sont en difficulté, les tensions peuvent remonter la chaîne jusqu'à vous.
Construction, industrie et transport : une accalmie à confirmer
Les secteurs qui avaient porté la hausse des années précédentes marquent le pas. Malgré un recul de 3,1 %, la construction compte toujours le plus grand nombre de défaillances, avec 3 452 procédures. Le gros œuvre s'améliore nettement (-13,1 %), quand la promotion immobilière continue de se dégrader (+6,5 %).
Dans l'industrie manufacturière, le nombre de défaillances chute de 11,8 %, notamment dans la métallurgie et la mécanique (-25 %). Les transports et la logistique reculent légèrement (-1,6 %), tout comme les services aux entreprises (-1,7 %), qui restent toutefois au-dessus de 2 000 défaillances.
Ces baisses restent loin de compenser les hausses enregistrées depuis 2022, et un trimestre ne suffit pas à dessiner une tendance durable. Thierry Millon pointe d'ailleurs le dilemme auquel font face de nombreuses entreprises :
« Les entreprises les plus résilientes seront celles capables de préserver leurs équilibres financiers sans renoncer à préparer leur développement futur. Un défi majeur pour ne pas dire une équation insoluble pour de très nombreuses entreprises. »
Une carte de France contrastée
C'est dans l'Ouest que la situation se tend le plus. Avec 797 défaillances (+18,4 %), les Pays de la Loire affichent la pire évolution de toutes les régions, et leur troisième été de hausse d'affilée (+65 % en trois ans). La Bretagne, qui faisait exception en 2025, bascule à son tour (559 procédures, +11,4 %).
À l'inverse, la Normandie (-11,9 %), la région PACA (-5,5 %) et la Nouvelle-Aquitaine (-5,3 %) repassent dans le vert. L'Île-de-France progresse modérément (+3,9 %), avec de forts écarts entre départements : Paris recule de 12 %, quand les Hauts-de-Seine (+18 %) et surtout la Seine-Saint-Denis (+44 %) s'envolent.

Comment adapter votre gestion du risque client à ce plateau ?
Un niveau de défaillances durablement élevé change la façon de piloter votre poste client. Il ne s'agit plus de réagir à une vague, mais de surveiller en continu un risque diffus, qui touche des secteurs et des territoires différents d'un trimestre à l'autre. C'est pour répondre à ce besoin que nous avons associé, dans LeanPay, le scoring financier de vos partenaires et notre propre intelligence artificielle.
Détecter les signaux de fragilité avant l'impayé
Le scoring de votre fournisseur d'informations financières reste une base solide. Un même score peut pourtant cacher des comportements de paiement très différents d'un client à l'autre. L'IA de LeanPay calcule donc un score de risque en continu, qui croise les données de vos partenaires (Altares, Creditsafe, Ellisphere, Coface…) avec votre propre historique de paiement et vos litiges.

Pour détecter les risques au plus tôt, l'IA repère aussi les signaux faibles : dès qu'un client s'écarte de ses habitudes de paiement, vous êtes alerté avant que la situation ne devienne critique. Son comportement envers ses autres fournisseurs est également analysé, pour identifier une dégradation qui ne serait pas encore visible dans vos propres données.
Vous filtrez ensuite votre portefeuille par niveau de risque, pour que vos équipes se concentrent sur les clients qui nécessitent réellement leur attention.
Transformer chaque annonce du BODACC en action
Sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire : chaque événement publié au BODACC qui concerne l'un de vos clients déclenche une alerte dans LeanPay. Elle précise les factures concernées et le montant exposé, et propose une action immédiate adaptée à la situation.
Vous n'avez plus à surveiller vous-même les annonces légales, et vous gardez la main sur chaque décision.
Encadrer l'encours de chaque client
Vous définissez pour chaque client un encours autorisé, calé sur la couverture de votre assureur-crédit (Allianz Trade, Coface), la recommandation de votre fournisseur de données ou votre politique interne. LeanPay affiche la part de cet encours déjà consommée et vous alerte à des seuils paramétrables (par exemple 50 %, 70 % et 90 %).
Adapter vos relances au niveau de risque
Dans LeanPay, vous pouvez affecter à vos clients les plus risqués un scénario de relance dédié, aux étapes plus rapprochées : plus vous relancez tôt un client fragile, plus vous avez de chances d'être payé avant que sa situation ne s'aggrave. L'IA peut aussi créer vos plans de relance à partir de vos consignes et générer des messages adaptés au canal, au client et à son niveau de retard.

Passer au contentieux sans perdre de temps
Lorsqu'un impayé persiste malgré vos relances, LeanPay constitue automatiquement le dossier contentieux : détail des créances, factures, historique des relances et des échanges avec le client. L'assistant IA vous guide ensuite à chaque étape de la procédure, avec les délais à respecter, les documents à rassembler et les actions à engager.
Le ralentissement des défaillances ne marque pas la fin du risque client, il en change la forme. Les utilisateurs de LeanPay réduisent leur DSO de 40 % et ramènent leur risque d'impayé sous 1 %. Réservez une démo personnalisée pour voir comment sécuriser votre portefeuille face à ce plateau de défaillances.













