Ellisphere dresse un constat net dans son dernier point de conjoncture : à fin juillet 2026, les retards de paiement et les défaillances sont à la hausse, tandis que le renouvellement du tissu entrepreneurial ralentit.
Pris ensemble, ces trois indicateurs dessinent une rentrée sous tension pour les entreprises françaises. Cet article détaille ces résultats et les profils d'entreprises les plus exposés, et vous donne des clés pour sécuriser votre poste client.
Je trouve ce logiciel de recouvrement très fonctionnel, très bon suivi des relances à effectuer, tableau de bord clair et précis. Le service client est réactif.
Stéphanie H. - Chargée de recouvrement
Découvrir LeanPay 👉
Les retards de paiement repartent à la hausse en juillet 2026
Après une nette amélioration depuis le début de l'année 2026, le retard moyen de paiement des entreprises françaises remonte à 16,54 jours à fin juillet, contre 15,25 jours à fin juin, soit une dégradation de 8,5 % en un seul mois. Il reste néanmoins inférieur aux 17,87 jours enregistrés en juillet 2025.

Cette remontée s'accompagne d'un paradoxe apparent : la part de factures réglées dans les temps continue elle aussi de progresser. Les entreprises qui respectent leurs échéances sont donc plus nombreuses, mais celles qui dérapent accumulent davantage de jours de retard qu'auparavant. Un signal qui compte dans le pilotage du risque : un retard moyen national masque des dynamiques opposées selon les profils d'entreprises.
Des trésoreries à plusieurs vitesses selon la taille
Toutes les catégories d'entreprises ne sont pas exposées de la même façon.
Les TPE restent les meilleures payeuses, avec 71,31 % de leurs factures réglées à échéance. Mais leur retard moyen progresse de 5 % en un mois seulement. C’est un point de vigilance à ne pas négliger : une petite structure dispose de peu de leviers pour absorber un choc de trésorerie.
Du côté des PME, 44,16 % de factures sont réglées à échéance, pour un retard moyen qui remonte à 14,40 jours.
Les ETI affichent la meilleure résistance sur la durée, avec une légère progression du retard moyen, établi à 11,39 jours. Seules 26,03 % de leurs factures sont payées à échéance, mais 67,35 % le sont avec un retard contenu, entre 1 et 30 jours.
Les grandes entreprises présentent un profil comparable : 37,38 % de factures à échéance et un retard moyen de 12,25 jours, en hausse par rapport au deuxième trimestre, mais 56,39 % de leurs factures en retard le sont également dans cette fourchette de 1 à 30 jours.

Au-delà de la discipline financière propre à chaque entreprise, ces écarts traduisent aussi des rapports de force dans la chaîne de valeur : une tension de trésorerie chez un client peut se répercuter sur ses propres fournisseurs, avec un effet domino difficile à anticiper sans un suivi rapproché des comportements de paiement.
Quels sont les secteurs fragilisés ?
Les écarts entre secteurs sont également marqués. Le commerce et la réparation automobile affichent le retard moyen le plus faible (11,39 jours), suivis de l'industrie manufacturière (12,25 jours) et de l'agriculture (12,84 jours).
À l'autre extrémité, la santé humaine et l'action sociale culminent à 19,55 jours, suivi de près par l'hébergement-restauration (19,47 jours). Ce dernier secteur connaît une dégradation lente mais constante depuis plusieurs années. Sa rentabilité n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant crise sanitaire, ce qui fragilise sa capacité à honorer ses échéances. Ellisphere évoque également un possible effet des conditions météorologiques de l'été 2026 sur la suite de la tendance, une piste à confirmer avec le recul des prochains mois.

Bientôt 72 000 défaillances sur douze mois, un poids croissant sur l'emploi
Le nombre de procédures collectives poursuit sa progression : à fin juillet 2026, les ouvertures de redressement et de liquidation judiciaires atteignent 71 694 sur douze mois glissants, soit une hausse de 5,2 % sur un an. La dynamique est moins forte qu'en 2022 ou 2023, mais elle confirme que les défaillances se maintiennent à un niveau inhabituellement haut.

Ces défaillances ne se limitent pas à un chiffre : elles menacent aujourd'hui 293 544 emplois sur douze mois glissants. Max Jammot, responsable du pôle économique chez Ellisphere, résume l'enjeu :
« Derrière le nombre de défaillances, il faut regarder leur impact. La défaillance d'une PME ou d'une ETI peut fragiliser plusieurs centaines d'emplois, mais aussi tout un réseau de fournisseurs et de sous-traitants. »
Le paradoxe des tailles d'entreprise
Les TPE représentent 86,7 % des entreprises défaillantes, un poids largement dominant en nombre de procédures. Mais ce chiffre ne dit rien de l'impact réel : les PME, à peine 13 % des défaillances, pèsent pourtant plus lourd que toutes les autres catégories réunies sur le front de l'emploi, avec près de 149 000 postes fragilisés.
Le déséquilibre est encore plus frappant du côté des ETI : elles ne représentent que 0,3 % des entreprises défaillantes, mais chacune expose en moyenne un volume d'emplois considérable, avec un total de 57 666 postes menacés, en hausse de 63,8 % sur un an. La défaillance d'une seule entreprise de cette taille peut donc fragiliser tout un réseau de fournisseurs, de sous-traitants et parfois un bassin d'emploi entier.

BTP, services collectifs, CHR : les secteurs sous tension
Le BTP reste le secteur le plus touché en volume, avec 18 451 défaillances, soit 26,4 % du total. Même si le nombre de procédures recule légèrement sur un an (-0,6 %), ce secteur voit ses comportements de paiement se dégrader, comme le montre la hausse de 8,1 % du retard moyen pour la construction entre juin et juillet 2026.
D'autres activités affichent des hausses plus marquées :
- +17,7 % pour les services collectifs ;
- +15,2 % pour l'agriculture et la pêche ;
- +15 % pour les biens d'équipement industriels.
Le secteur Café-Hôtellerie-Restauration (CHR) compte quant à lui 9 809 défaillances sur douze mois, en progression de 8,3 % sur un an, avec la restauration traditionnelle et la restauration rapide toutes deux en hausse (respectivement +8,7 % et +9,1 %). Contrairement au BTP, le CHR cumule ici les deux indicateurs : le retard de paiement moyen de l'hébergement-restauration progresse également (4,62 % sur douze mois glissants), une convergence qui confirme la fragilité du secteur.
Des disparités régionales marquées
La progression des défaillances n'est pas homogène sur le territoire. La Normandie (-6,4 %) et la Corse (-3,2 %) sont les seules régions à afficher un recul sur la période. Les plus fortes hausses ont touché :
- Les Pays de la Loire : +12,2 % ;
- l'Auvergne-Rhône-Alpes : +9,2 % ;
- le Centre-Val de Loire : +7,7 % ;
- la Bourgogne-Franche-Comté : +7,2 %.
Le tissu entrepreneurial se détériore
À fin juillet 2026, l'Indice de Dynamisme Entrepreneurial (IDE) national s'établit précisément à 1, contre 1,2 fin 2025.
Sur les douze derniers mois, 273 458 sociétés commerciales ont été créées, contre 267 981 disparitions. La France crée donc aujourd'hui presque autant d'entreprises qu'elle n'en perd. Cette dégradation résulte d'un effet de ciseaux : le rythme des créations ralentit, tandis que celui des disparitions continue de progresser.

Le mouvement touche l'ensemble du territoire, y compris les régions les plus dynamiques. La Bretagne et les Hauts-de-France conservent le meilleur score national, avec un IDE de 1,2, mais celui-ci recule tout de même par rapport aux 1,3 mesurés à fin juin. À l'opposé, la Provence-Alpes-Côte d'Azur reste sous le seuil de renouvellement, avec un IDE de 0,9.
Comment sécuriser votre poste client face à ces signaux de tension ?
Les signaux d’Ellisphere convergent vers un même constat, celui d'un environnement économique moins favorable pour les entreprises françaises. La capacité à repérer rapidement les signaux faibles sur votre portefeuille clients devient un levier de protection de trésorerie à part entière. Notre logiciel de recouvrement LeanPay peut vous y aider.
Suivre le risque client en continu
LeanPay centralise les indicateurs de risque (scoring, alertes en cas d'ouverture de procédure collective, limite de crédit…) des principaux fournisseurs d'informations financières et assurances-crédit. Vous détectez ainsi un client fragilisé avant qu'un impayé ne survienne, plutôt que de le découvrir après coup.

Adapter vos relances dès les premiers signes de retard
Un retard moyen qui progresse, comme celui observé en juillet sur plusieurs secteurs, appelle une réaction rapide et proportionnée. Avec LeanPay, vous pouvez personnaliser vos scénarios de relance selon vos propres critères, comme le niveau de risque de vos clients. Vous avez également la possibilité d’automatiser l’envoi des relances pour ne jamais laisser un premier retard sans suite.

Gérer vos litiges et sécuriser le passage au contentieux
Avec la hausse des défaillances observée cette année, la vigilance sur les créances les plus fragiles est de mise. LeanPay centralise le suivi de vos litiges clients, de leur identification à leur résolution, et facilite le passage au contentieux lorsque la situation l'exige, avec un dossier constitué en quelques clics plutôt que des démarches manuelles chronophages.

Face à des indicateurs économiques qui appellent à la prudence, mieux vaut anticiper que subir. Réservez votre démo personnalisée afin de découvrir comment réduire le risque d’impayé à moins de 1 %, quel que soit le profil de vos débiteurs.













