Après deux trimestres de recul, le retard de paiement moyen des entreprises françaises repart à la hausse. Selon le dernier Focus Éco d'Ellisphere, il atteint 16,84 jours à fin septembre 2026, contre 15,25 jours au trimestre précédent.
Cette rechute n'efface pas les progrès enregistrés depuis le début de l'année. Elle rappelle surtout qu'une moyenne nationale cache des comportements très différents : les grandes entreprises et les ETI paient toujours bien moins souvent à l'heure que les TPE, et les écarts entre secteurs d'activité persistent.
Je trouve ce logiciel de recouvrement très fonctionnel, très bon suivi des relances à effectuer, tableau de bord clair et précis. Le service client est réactif.
Stéphanie H. - Chargée de recouvrement
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Un retard de paiement qui se dégrade sur un trimestre, mais recule sur un an
« On note une légère détérioration des comportements de paiement sur ce 3ème trimestre mais la situation reste bien meilleure qu'en 2025 sur la même période », résume Mikaël Delaporte, Responsable du pôle expériences de paiement chez Ellisphere.
Le retard moyen a en effet reculé de près de 7 % en un an : il atteignait 18,08 jours au T3 2025. Ellisphere souligne que ce progrès a été obtenu malgré un environnement économique, social et politique tendu, en France comme à l'international.
Les défaillances d'entreprises illustrent ce climat tendu. Selon la dernière étude Altares, 14 652 procédures ont été ouvertes au T3 2026. Leur nombre ne progresse plus que de 0,5 % sur un an, la hausse la plus faible depuis 2022. Mais près de 72 000 entreprises ont fait défaut sur douze mois glissants, un niveau sans précédent depuis au moins quinze ans.
Les chiffres du T4 diront si la hausse de ce trimestre reste ponctuelle ou si elle marque le début d'une nouvelle dégradation.
Grandes entreprises et ETI à la traîne sur le paiement à échéance
La part de factures réglées à échéance est un autre indicateur clé de l'étude. C'est aussi celui qui révèle les plus forts écarts entre catégories d'entreprises.

TPE et PME en tête du paiement à échéance
Les TPE restent les clients les plus réguliers : 71,48 % de leurs factures sont réglées à échéance. Les retards longs y sont marginaux, avec moins de 1,5 % de factures payées au-delà de 60 jours de retard.
Les PME, elles, règlent 44,23 % de leurs factures à échéance. Plus d'une facture sur deux y est donc encore réglée en retard.
Ce constat a aussi été dressé lors des Assises des délais de paiement 2026 : plus une entreprise est petite, plus elle règle ses factures à l'heure. Les TPE et PME sont pourtant les premières à subir les retards de leurs clients plus grands, face auxquels elles ont peu de marge de négociation.
Les grandes entreprises marquent le pas
La situation est moins favorable pour les grands comptes.
« Cette amélioration des comportements de paiement est portée par toutes les catégories d'entreprises sauf les Grandes Entreprises (GE), qui après une nette amélioration sur le 1er semestre, marquent le pas sur ce 3ème trimestre », souligne Mikaël Delaporte.
Les ETI améliorent lentement leur ratio, mais partent de plus bas. La répartition de leurs factures et de celles des grandes entreprises à fin septembre 2026 :
- ETI : 26,62 % réglées à échéance, 67,20 % avec 1 à 30 jours de retard, 5 % avec 31 à 60 jours, 1,18 % au-delà de 60 jours.
- Grandes entreprises : 33,78 % réglées à échéance, 59,80 % avec 1 à 30 jours de retard, 5,41 % avec 31 à 60 jours, environ 1 % au-delà de 60 jours.
Le retard des grands comptes est donc massivement court : il se compte en jours ou en semaines, rarement en mois. Mais lorsqu'il concerne des clients qui pèsent lourd dans votre chiffre d'affaires, ce retard court suffit à dégrader votre DSO.
Des classements sectoriels quasi figés
D'un trimestre à l'autre, les secteurs en tête et en queue de classement changent peu. À fin septembre 2026, les écarts de retard moyen dépassent 8 jours entre les deux extrémités :
- Les plus mauvais payeurs : hébergement et restauration (19,47 jours), santé humaine et action sociale (19,16 jours), arts, spectacles et activités récréatives (18,96 jours).
- Les meilleurs payeurs : commerce et réparation automobile (11,25 jours), industrie manufacturière (12,05 jours), industries extractives (12,79 jours).

Sur 12 mois glissants, les plus fortes améliorations concernent :
- les activités spécialisées, scientifiques et techniques (-28,40 %) ;
- les services administratifs et de soutien (-21,19 %) ;
- la santé humaine et action sociale (-17,70 %).
À l'inverse, la production et distribution d'énergie (+6,12 %), les transports et l'entreposage (+2,30 %) et l'hébergement-restauration (+2,26 %) se dégradent. Ce dernier perd du terrain chaque trimestre, au point de prendre la tête des plus mauvais payeurs.
Pour votre portefeuille, ces écarts justifient de ne pas traiter de la même façon un client de la restauration et un industriel. Un client d'un secteur mal classé n'est pas pour autant un mauvais payeur : c'est un motif de vigilance, pas un verdict.
Santé, un écart marqué entre public et privé
Le secteur de la santé humaine et de l'action sociale illustre bien la limite des moyennes. Son retard moyen n'a jamais été aussi bas depuis plus de deux ans, mais il reste parmi les trois plus mauvais secteurs, tiré vers le bas par le public.
Côté public, les retards sont en moyenne trois fois plus longs que dans le privé. Près d'une facture sur quatre (23 %) y est réglée avec au moins 60 jours de retard, soit plus du double du privé (11 %). Les cliniques s'en sortent globalement mieux que les hôpitaux, ce qui n'empêche pas certains établissements hospitaliers de payer dans les temps.
Ellisphere avance deux explications : la complexité administrative, commune aux grandes organisations, et surtout des moyens budgétaires insuffisants. Ce manque de moyens pousse les hôpitaux à régler en priorité les fournisseurs qu'ils jugent stratégiques. Si vous facturez des établissements de santé publics, votre place dans cet ordre de priorité pèse donc directement sur vos encaissements.
Faire du retard de paiement un indicateur de risque client
Ellisphere le rappelle : un client qui paie en retard n'est pas pour autant au bord de la défaillance. Certaines entreprises règlent leurs factures en retard de façon chronique sans jamais cesser leur activité.
Un retard isolé en dit donc peu. Un client dont les retards s'allongent d'un mois sur l'autre envoie en revanche un signal plus préoccupant : celui d'une trésorerie sous tension, parfois annonciatrice de difficultés plus graves. Mieux vaut donc suivre le comportement de paiement de chaque client dans la durée que se fier à une photographie ponctuelle. Avec notre logiciel de recouvrement LeanPay, ce suivi s'automatise : vous repérez les premiers signaux, adaptez vos relances et mesurez leur effet sur votre poste client.
Repérer les clients qui changent d'habitudes de paiement
Notre IA calcule pour chaque client un score de risque en continu. Il croise le scoring de vos fournisseurs d'informations financières, dont Ellisphere, avec votre propre historique de paiement. Dès qu'un client s'écarte de ses habitudes de paiement, vous êtes alerté pour détecter le risque avant que le retard ne s'installe.

Les événements Bodacc qui touchent vos clients (sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation) déclenchent également une alerte, avec les factures concernées et le montant exposé.
Adapter vos relances au profil de chaque client
Les écarts entre catégories d'entreprises et entre secteurs plaident pour des relances différenciées. Dans LeanPay, vous pouvez créer plusieurs plans de relance et les affecter à vos clients selon vos propres critères. Vous pouvez également laisser l'IA de LeanPay les construire à partir de vos consignes. Elle rédige aussi le contenu de chaque relance, adapté au canal, au client et à son niveau de retard.

Si vous avez segmenté votre base par secteur d'activité ou par taille d'entreprise (via des propriétés clients), vous pouvez par exemple appliquer un scénario plus resserré à vos clients d'un secteur mal classé.
Les principaux indicateurs de votre poste client sont mis à jour en temps réel dans LeanPay, avec des filtres personnalisables (secteur d'activité, zone géographique, niveau de risque…). Vous vérifiez ainsi si la tendance observée par Ellisphere se retrouve dans le reporting de recouvrement.
Pour chaque client, le retard moyen et le délai de paiement moyen, calculés sur ses trois derniers mois de règlements, permettent de repérer une dérive dès qu'elle s'amorce.

Un trimestre de hausse ne fait pas une tendance, mais il rappelle que les comportements de paiement de vos clients ne sont jamais acquis. Pour suivre leur trajectoire client par client et agir dès les premiers signaux, réservez une démo personnalisée de LeanPay.













