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Mis à jour le
7/10/2026

Délais de paiement : une amélioration à deux vitesses

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L'Observatoire des délais de paiement a publié le 24 septembre 2026 son rapport annuel 2025. Le constat principal semble encourageant : d'après les données de la Banque de France, les délais de paiement des entreprises françaises ont reculé de 1,5 jour en moyenne en 2024, côté clients comme côté fournisseurs.

Graphique sur les délais de paiement (fournisseur et client) en France issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025

Cette moyenne cache pourtant un mouvement inverse. La baisse est portée par les entreprises qui payaient déjà rapidement, tandis que les 10 % d'entreprises aux délais les plus longs ont vu leur situation se dégrader.

Cet article revient sur les principaux enseignements du rapport.

Le rapport de l’Observatoire des délais de paiement fait état de la situation concernant les délais de paiement en 2024. D’autres acteurs ont publié des études plus récentes sur les délais et retards de paiement en 2026, comme :

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Stéphanie H. - Chargée de recouvrement

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Des délais interentreprises en baisse, mais un écart qui se creuse entre payeurs

Les meilleurs payeurs progressent, les moins bons stagnent ou reculent : l'Observatoire y voit une tendance de fond, observable dans la plupart des secteurs.

La Banque de France s'appuie sur les comptes annuels des entreprises recensées dans son fichier FIBEN, soit près de 1,3 million d'entreprises pour l'année 2024. Depuis 2019, ce fichier couvre toutes les entreprises résidant en France, quel que soit leur chiffre d'affaires. Les délais clients rapportent les créances clients inscrites au bilan au chiffre d'affaires ; les délais fournisseurs rapportent les dettes fournisseurs aux achats. Ces données donnent un délai moyen par entreprise, mais ne permettent pas de savoir quelles factures ont été réglées après leur échéance.

Les grandes entreprises toujours en retrait

Faute de connaître l'échéance de chaque facture, la Banque de France retient une convention : une entreprise est considérée comme payant « sans retard » lorsque son délai moyen reste inférieur à 60 jours, soit le délai maximal que les parties peuvent convenir à compter de l'émission de la facture, selon l'article L. 441-10 du code de commerce.

Pour rappel, en l’absence d’accord, le délai applicable est de 30 jours. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur les délais de paiement entre entreprises.

Selon ce critère, voici la part des entreprises qui réglaient leurs fournisseurs sans retard en 2024 :

  • 84 % des microentreprises (+2 points sur un an) ;
  • 73 % des PME (+2 points) ;
  • 56 % des entreprises de taille intermédiaire (ETI) (+1 point) ;
  • 48 % des grandes entreprises (-2 points).
Graphique sur la répartition des délais de paiement par intervalle et par taille d’entreprise en 2023 et 2024, issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025

La catégorie des grandes entreprises est la seule en recul, et celle qui affiche la proportion la plus faible. Le rapport l'explique par la hausse des petits retards, avec des délais compris entre 60 et 90 jours.

À l'inverse, ces entreprises sont payées de plus en plus vite : en 2024, leurs clients les ont réglées plus de 3 jours plus rapidement qu'en 2023, alors qu'elles-mêmes allongeaient de 0,8 jour leurs délais fournisseurs. Ces deux mouvements jouent dans le même sens : les sommes que leurs clients leur doivent diminuent, tandis que celles qu'elles doivent à leurs fournisseurs augmentent. Les premières sont désormais presque entièrement couvertes par les secondes. Autrement dit, ce sont leurs fournisseurs qui financent, de fait, les délais qu'elles accordent à leurs clients.

La Banque de France mesure cet équilibre avec le solde commercial. Lorsqu'il est positif, l'entreprise finance ses partenaires commerciaux ; lorsqu'il recule, ce sont eux qui la financent davantage.

Le solde commercial mesure, en jours de chiffre d’affaires, l’écart entre les créances clients non encore encaissées et les dettes fournisseurs restant à payer.

Précision importante : les statistiques ne distinguent pas l'origine des fournisseurs. Une partie des paiements des grands groupes concerne des fournisseurs étrangers, qui ne relèvent pas toujours d'une réglementation équivalente à la loi française.

13 milliards d’euros en moins pour les plus petites structures

Le rapport chiffre aussi l'impact de ces écarts sur la trésorerie. Il simule un scénario où aucune facture ne serait réglée au-delà de 60 jours. Dans ce cas, la trésorerie de chaque catégorie aurait évolué ainsi en 2024 :

  • +4 Md€ pour les microentreprises ;
  • +9 Md€ pour les PME ;
  • +4 Md€ pour les ETI ;
  • -12 Md€ pour les grandes entreprises.
Graphique sur les effets sur la trésorerie d’une absence de retard de paiement en 2023 et 2024, issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025

Au total, les PME et les microentreprises auraient disposé de 13 Md€ supplémentaires. Pour 2023, le même calcul aboutissait à 15 Md€, comme l'indiquait la précédente édition du rapport.

Ces montants sont des estimations hautes. Le rapport parle lui-même de « contrefactuel majorant » : le calcul ne tient pas compte des effets en chaîne, comme les achats supplémentaires que les PME auraient pu réaliser avec cette trésorerie. Le passage de 15 à 13 Md€ doit donc être lu avec prudence.

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En 2025, des retards encore élevés, côté privé comme public

L'Observatoire complète les données de la Banque de France par celles d'Altares, plus récentes, qui portent sur 2025. Elles mesurent un autre indicateur : le retard de paiement. Celui-ci est calculé en moyenne sur l'ensemble des paiements, y compris ceux réglés à l'heure. Il ne se compare donc pas aux délais présentés dans la section précédente.

Un retard moyen supérieur à sa moyenne de long terme

Après un pic à 14,1 jours au printemps 2025, le retard moyen des entreprises françaises est redescendu à 13,4 jours fin 2025. Il reste au-dessus de sa moyenne de long terme, qui s'établit à 12,2 jours.

Graphique sur l’évolution comparée des retards de paiement en France et en Europe, issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025. Graphique reprenant les données d’Altares.

La taille de l'entreprise reste déterminante. Fin 2025, les entreprises de 1 000 salariés et plus accusent 20,9 jours de retard en moyenne, contre 12,1 jours pour celles de 10 à 49 salariés. Pour les plus grandes, le retard a progressé de plus de 3 jours en un an : il s'établissait à 17,8 jours fin 2024.

Les écarts sont aussi marqués entre secteurs. Fin 2025, trois d'entre eux dépassent nettement la moyenne nationale :

  • information et communication : 19,6 jours ;
  • activités financières et d'assurance : 19,4 jours ;
  • services aux entreprises : 18,4 jours.
Tableau sur les retards de paiement pas secteur d’activité, issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiment
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025. Tableau reprenant les données d’Altares.

En ce qui concerne les régions, la plupart restent sous la moyenne nationale, à l’exception des Hauts-de-France (13,4 jours), de la Provence-Alpes-Côte d’Azur (13,8 jours) et de l’Île-de-France, qui se distingue avec 19,7 jours de retard fin 2025, soit 6,3 jours de plus que la moyenne.

Dans le secteur public, les établissements hospitaliers décrochent

Pour les acheteurs publics, le rapport s'appuie sur deux indicateurs propres à la sphère publique :

  • le délai global de paiement, qui mesure le temps total entre la réception de la facture et sa mise en paiement. Il se compare au plafond fixé par le code de la commande publique : 30 jours dans le cas général, 50 jours pour les établissements publics de santé.
  • le taux de paiement au-delà du plafond, qui indique la part des paiements effectués après ce délai réglementaire. Passé ce délai, l'acheteur public doit des intérêts moratoires à son fournisseur. Ce second indicateur complète le premier : une moyenne basse n'exclut pas des retards sur une partie des factures.

En 2025, les résultats varient fortement selon l'acheteur. Pour les services de l'État, le rapport distingue deux périmètres : la commande publique, c'est-à-dire les achats auprès de fournisseurs, et l'ensemble des dépenses de l'État.

Sur la commande publique, le délai global de paiement recule légèrement, à 16,2 jours (contre 16,4 jours en 2024), et 10,8 % des paiements dépassent 30 jours (contre 11,1 % un an plus tôt).

Toutes dépenses confondues, la tendance est inverse : le délai augmente de 1,8 jour, à 15,9 jours, et la part des paiements au-delà de 30 jours (hors intérêts moratoires) remonte de 9,7 % à 11,8 %. Le ministère de la Justice pèse lourdement sur ces résultats, avec un délai global de 37,9 jours. Sans lui, la part des paiements au-delà de 30 jours tombe à 6,8 % pour la commande publique et à 5,7 % pour l'ensemble des dépenses.

Tableau sur les délais globaux de paiement par ministères, issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025. Tableau reprenant les données de la DGFiP.

Pour les collectivités locales, en métropole, le délai global de paiement recule de 19,3 jours en 2024 à 18,9 jours en 2025, et 15,0 % des paiements dépassent le plafond de 30 jours (-0,9 point). Le délai augmente avec la taille de la collectivité, allant de 12,3 jours pour les communes de moins de 500 habitants jusqu’à 26,7 jours pour celles de 50 000 à 99 999 habitants.

Tableau sur le délai de paiement dans le secteur public local (Métropole), issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025. Tableau reprenant les données de la DGFiP.

Les régions (29,1 jours, avec près d'un paiement sur quatre hors délai) et les communautés urbaines (24,2 jours) sont les seules catégories en hausse. Pour les collectivités d’outre-mer, le délai atteint 39,9 jours, au-dessus du plafond.

Concernant les hôpitaux, leur situation se dégrade. En métropole, ce sont les seuls acheteurs publics à dépasser leur plafond en moyenne. Leur délai global de paiement atteint 70,2 jours en 2025, en hausse de 7,9 jours sur un an. Plus d'un paiement sur deux (50,7 %) intervient au-delà des 50 jours réglementaires.

La dégradation touche surtout les établissements hospitaliers de taille intermédiaire. Pour ceux dont les recettes sont comprises entre 70 et 150 M€, 62,3 % des paiements dépassent le plafond. Au niveau national, le délai global atteint 71,3 jours. En outre-mer seul, il s'élève à 130,6 jours.

Tableau sur le délai de paiement national dans le secteur public hospitalier, issu du rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement
Source : Observatoire des délais de paiement, rapport annuel 2025. Tableau reprenant les données de la DGFiP.

À ce propos, la DGOS (Direction générale de l'offre de soins) et la DGFIP (Direction générale des finances publiques) ont publié une instruction interministérielle relative aux délais de paiement des fournisseurs par les établissements de santé.

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Les leviers contre les retards de paiement se renforcent

Face à la persistance des retards, l'action publique s'intensifie sur quatre fronts :

  • Des contrôles et des amendes en forte hausse. En 2025, la DGCCRF a contrôlé 882 établissements, principalement des grandes entreprises et des ETI. Plus de la moitié présentaient une anomalie (54,2 %, contre 42,3 % en 2024). Les amendes notifiées atteignent 59,1 M€, soit 65 % de plus qu'en 2024. Une partie de cette progression provient de la clôture de procédures engagées les années précédentes. L'industrie manufacturière et le commerce (y compris la réparation automobile) concentrent plus de 60 % du montant.

Au-delà des sanctions, les contrôles menés pour la DGCCRF éclairent l'origine de nombreux retards, souvent liés à l'organisation interne des clients : circuits de validation trop longs, paiements traités par des centres de services partagés à l'étranger, ou encore blocage d'une facture entière lorsqu'une partie seulement fait l'objet d'un avoir. Par exemple, sur une facture de 10 000 € dont 500 € sont contestés, certains clients attendent l'avoir avant de régler quoi que ce soit.

  • La cotation Banque de France, qui intègre le comportement de paiement. Pour rappel, elle évalue la capacité d'une entreprise à honorer ses engagements financiers à un horizon d'un à trois ans. Elle prend désormais en compte les délais de règlement excessifs des entreprises en bonne santé financière, elles-mêmes payées dans les délais. Après un entretien préalable, la cote de l'entreprise concernée baisse d'un cran. Au total, 1 290 entreprises ont vu leur cote dégradée pour ce motif en 2025, contre 251 en 2022.
  • La proposition de loi Rietmann, en attente à l'Assemblée nationale. Adopté à l'unanimité par le Sénat le 19 février 2026, le texte porte le plafond des amendes au plus élevé de deux montants : 2 M€ ou 1 % du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise. Il allonge aussi de deux à trois ans la période de récidive, et interdit au créancier de renoncer aux pénalités de retard.

Le relèvement du montant des sanctions ne fait toutefois pas l'unanimité parmi les membres de l'Observatoire. Certains craignent qu'une amende indexée sur le chiffre d'affaires mondial devienne disproportionnée, alors que la conjoncture reste incertaine pour de nombreuses entreprises.

  • La facturation électronique, considérée comme un véritable levier d'amélioration des délais par l’Observatoire. En transformant la facture en flux de données structuré, la réforme limite les erreurs de saisie et les factures incomplètes, et permet de repérer plus tôt un rejet ou un blocage.

Les effets de la facturation électronique ont cependant leurs limites : elle ne règle ni les désaccords commerciaux, ni les retards délibérés, utilisés par certains clients pour soulager leur trésorerie. Découvrez les impacts de la facture électronique sur le recouvrement.

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Comment protéger votre trésorerie face aux retards de paiement ?

Le rapport le montre : la moyenne nationale masque des écarts considérables entre payeurs. Votre enjeu est donc d'identifier, dans votre propre portefeuille, les clients qui paient tard, et d'agir avant que leurs retards ne pèsent sur votre trésorerie. Un logiciel de recouvrement comme LeanPay peut vous y aider, notamment grâce à l’intelligence artificielle :

  • Repérer les clients qui décrochent. Votre DSO et votre balance âgée donnent la tendance d'ensemble, mais ce sont quelques clients qui la font souvent basculer.
    Dans LeanPay, le reporting de recouvrement vous donne une vision de votre poste client en temps réel, et chaque fiche client la complète : elle affiche le retard moyen du client et le situe parmi les bons ou les mauvais payeurs de votre portefeuille. L'IA vous permet ensuite d'anticiper : elle repère tout écart par rapport aux habitudes de paiement d'un client, et ajuste en continu son score de risque client en croisant son historique avec des données externes, comme les procédures collectives publiées au Bodacc.
Scoring IA LeanPay
  • Adapter vos relances à chaque profil. Un grand compte habitué aux règlements tardifs n'appelle pas la même relance qu'une PME exceptionnellement en retard. Plutôt que de paramétrer chaque scénario vous-même, vous décrivez à l'IA le plan de relance que vous souhaitez mettre en place (rythme, canal, ton…) pour une typologie de clients. Elle construit le scénario de relance client correspondant, que vous validez avant activation.

Vos scénarios peuvent aussi démarrer avant l'échéance : la relance préventive envoyée quelques jours avant permet de vérifier que la facture a bien été reçue, et de lever un éventuel blocage tant qu'il est encore temps.

Relances générée par l’IA de LeanPay
  • Faciliter le règlement. Une partie des retards tient à de simples frictions : une facture difficile à retrouver, un moyen de paiement peu pratique. Le portail client y répond en offrant à vos clients un espace sécurisé pour consulter leurs factures, les télécharger et les régler en ligne (CB, prélèvement, e-virement).
  • Isoler les litiges pour ne pas geler vos encaissements. Comme l'ont relevé les contrôles de la DGCCRF, un simple avoir partiel peut suffire à bloquer le règlement d'une facture entière. Encore faut-il repérer la contestation à temps. Lorsqu'un client répond à une relance, l'IA identifie la nature de sa réponse, promesse de paiement ou contestation, et vous propose le cas échéant de passer la facture en litige. Les relances sur la facture concernée s'interrompent alors, tandis que les autres factures du client continuent de suivre leur cours.

Les sanctions se durcissent et la facturation électronique se généralise, mais aucun de ces leviers ne remplace un suivi rigoureux de vos propres clients. C'est en repérant tôt ceux qui décrochent, et en agissant avant l'échéance, que vous protégez réellement votre trésorerie.

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Rédigé par :
Sarah Lalsingue

Rédactrice principale du blog LeanPay, Sarah Lalsingue met son expertise en écriture au service des directions financières des PME, ETI et groupes.

Elle s’attache à rendre clairs et accessibles les sujets de trésorerie, de recouvrement et de gestion du poste client pour aider les DAF et credit managers à mieux piloter leur cash au quotidien.

Ses articles participent à renforcer la culture cash au sein des directions financières et à valoriser les bonnes pratiques de recouvrement.

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